La place des armes est un lieu emblématique de Cusco, où chaque jour des centaines de touristes viennent se poser sur un banc pour bouquiner ou simplement regarder les gens passer. C’est le cœur battant de la ville qui accueille souvent des feux d’artifice, des célébrations religieuses… elle est le témoignage d’une ville qui s’est transformée tout au long des siècles.

Au fils de l’histoire

4 caminos incas (suyos)

4 caminos incas (suyos)

Il y a quelques centaines d’années ce lieu n’était qu’un marécage, les Incas ont ramené du sable de la côte pour l’assécher et n’en garder que la rivière Saphi, aujourd’hui enterrée.

C’est le départ des 4 routes cardinales du Tawantinsuyo (l’empire des 4 chemins) autour duquel les palais de Pachacutec, Wiracocha et Huayna Capac trônaient. La place se trouve sous le ventre du puma, forme dans laquelle la ville a été construite. En son centre se trouve la statue de Pachacutec, 9ème empereur de l’empire Inca qui a joué un rôle essentiel dans l’expansion du royaume.

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Initialement appelé Kusipata: lieux de la joie, les incas ont changé son nom en Huacaypata : lieux des pleur, du regret, quand les espagnols ont rasé les bâtiments sacrés incas. En 1534 les espagnols envahissent la ville et détruisent tout ce qu’ils peuvent du patrimoine indigène.

Un peu plus tard, en 1780 la place fut témoin de la révolution de Tupac Amaru II contre les espagnols afin d’améliorer les droits des indigènes. Il captura alors le Gouverneur Arriaga et laissa à son esclave le soin de l’exécuter.

Quand les conquistadors ont imposé leur style.

Compania de jesus, plaza de armas

La Cathédrale (Basilique de l’assomption de la vierge) est un élément important, elle fut achevée en 1654, presque 100 ans après le début de sa construction grâce aux pierres d’anciens temples incas. Elle fut érigée sur les bases du  temple Kiswarkancha, ancien palace de Viracocha, fondateur du royaume de Cusco. Construite dans un style gothique – baroque de la renaissance, c’est un parfait exemple de l’architecture coloniale espagnole de cette période. Les peintures que vous trouverez à l’intérieur font partie de l’école Cusquénienne, créée par les espagnols pour initier les incas à l’art européen. Cette école interdisait aux incas de signer leurs œuvres. Chaque côté la cathédrale est protégée par 2 autres églises : la compagnie de Jesus et l’église du triomphe.

Ce qui était avant une seule grande place fut séparée en deux par une rangée de maisons coloniales, de sorte à supprimer tout symbole inca et affirmer la présence espagnole.

Place des Armes aujourd’hui : un lieu de fêtes qui ne dort jamais.

place des armes

place des armes

Protégée par le ministère de la culture, aucune enseigne ne vient défigurer ce paysage d’une ville reconstruite au 17 siècle. Ses balcons coloniaux abritent des bars et des restaurants desquels vous aurez une superbe vue sur les passants en contrebas et les montagnes à l’horizon.

Départ des free walking tours, vous y trouverez toujours quelqu’un pour vous renseigner, vous vendre des lunettes de soleil, des parts de cake, de la chicha, des bijoux, des bonnets… Sur cette place vous n’avez pas besoin de chercher, les commerçants viennent à vous.

C’est à la tombée de la nuit qu’il y a la plus grande affluence car les cusquéniens aiment faire la fête et chaque jour est une occasion de rendre hommage à un sain. C’est aussi parce que le couché de soleil lui donne une atmosphère particulière quand les lumières de la ville s’illuminent petit à petit sur les collines alentours.

Entre fêtes chrétiennes et fêtes incas, la place est le théâtre d’une multitude de festivités. On y célèbre des fêtes chrétiennes comme el señor de los temblores pendant la semaine sainte. Chaque année elle accueille également l’Inti raymi, fête dédié ou dieu Inca Inti (Dieu du soleil). La culture Péruvienne est donc bien un syncrétisme entre passé indigène et influence espagnole et la Place des Armes en est un exemple saisissant.

Estelle

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