Les fêtes traditionnelles sont encore très présentes au Pérou. Elles représentent principalement les croyances chrétiennes du Pérou amenée lors de la colonisation, combinées avec l’adoration des forces naturelles, du Soleil et de la Pachamama, la Terre-Mère.

Voici un petit calendrier des festivités péruviennes. Correspondent-elle à vos dates de voyage ?

  • 1er janvier – Cusco – Remise des bâtons de commandement
  • 20 janvier – Cusco – Chiaraje – Bataille rituelle
  • 20 janvier – Trujillo – Festival de la Marinera – ou comment séduire avec un mouchoir
  • du 1er au 14 février – Puno – Vierge de la Candelaria, la foi dans la capitale folklorique d’Amérique
  • du 27 au 30 février – Quico (dép. de Cuzco) – Le marquage du bétail (Tinta de Vacas) – Distinguer son bien de celui d’autrui
  • 2éme quinzaine de février – 1er semaine de mars – Dans l’ensemble du pays Carnavals – la fête de l’allégresse
  • 1er semaine de mars – Canete (département de Lima) – Festival des sports d’aventures de Lunahuanà
  • 2éme semaine de mars – Ica – Festival des vendanges – Le miracle du désert
  • 2éme quinzaine de mars – 1er semaine avril – Porcon (dép. de Cajamarca) Les Croix de Porcon – la symétrie de la foi
  • 2éme quinzaine de mars – 1er semaine avril – Ayacucho – Semaine Sainte
  • 2éme quinzaine de mars – 1ere semaine avril – Cuzco – Le Seigneur des Tremblements de Terre
  • du 15 au 20 avril – Pachacamac (département de Lima) – Festival du “Caballo de Paso Peruano” – la danse du cheval
  • 1er mai – Chapi (département d’Arequipa) – Vierge de Chapi
  • le 3 mai – Acobamba – (département de Junin) – Le seigneur de Muruhuay
  • le 3 mai – Lima, Apurimac, Ayacucho, Junin, Ica, Cusco – Fête des Croix: croix catholiques, esprits andins
  • 1er semaine de mai – Quipicanchis (département de Cuzco) – Le seigneur de Qoyllur Rit’i
  • le 24 juin – Cuzco – Inti Raymi: la fête inca du soleil
  • le 24 juin – Cuzco, Loreto, San Martin, Ucayali – Saint-Jean
  • le 29 juin – Chorrilos et Lurin (département de Lima), San José (département de Lambayeque)
  • en juin – Cuzco – Corpus Christi
  • 2ème semaine de juillet – Paucartambo (département de Cuzco) – Vierge du Carmen de Paucartambo
  • les 28 et 29 juillet – Dans tout le pays – Fête nationale
  • du 26 au 30 juillet – Cotabambas (département d’Apurimac) – Yawar Fiesta: la lutte du taureau et du condor
  • le 30 août – Lima et Quives (département de Lima), Ocopa (département de Junin) et Arequipa – Santa Rosa de Lima
  • du 6 au 10 septembre – Andahuaylas (département d’Apurimac) – Vierge de Cocharcas: la Vierge voyageuse
  • dernière semaine de septembre – Trujillo – Festival international du printemps
  • le 4 octobre – Lima, Ancash, Apurimac, Arequipa et Cuzco – Vierge du Rosario: une bataille entre Maures et Chretiens
  • 2e semaine d’octobre – Ayabaca (département de Piura) Le seigneur Captif d’Ayabaca
  • du 18 au 28 octobre – Lima – Le seigneur des Miracles
    Nota : la plus grande procession d’Amérique du Sud
  • la 3ème semaine d’octobre – Ica – Le seigneur de Luren: le Christ du désert
  • le 1er et le 2 novembre – Dans tout le pays – Toussaint et jour des morts
  • les 24 et 25 décembre – Dans tout le pays – Noël Andin
  • le 24 décembre – Cuzco – Foire de Santuranticuy
  • le 27 décembre – A El Guayabo et El Carmen (départements de Chincha et Ica) – Vierge du Carmen

 

1er janvier – Cusco – Remise des bâtons de commandement

En début d’année les hommes les plus âgés de chaque communauté de la région (les yayas) se réunissent pour désigner les candidats qui deviendront les autorités suprêmes de leurs villages : les Varayocs. Au cours d’une fête arrosée de chicha (boisson à base de maïs fermenté) et de llonque (eau-de-vie) le Maire ou Varayoc reçoit la vara ou bâton de commandement, symbole du pouvoir. Il s’agit en fait d’une coutume préhispanique déguisée sous des formes occidentales. Les Varas, confectionnées dans des bois durs tels que la chonta, le hualtaco negro, le huallacan ou le membrillo (cognassier), mesurent environ un mètre de long et sont garnies d’incrustations d’argent et d’or (au petit musée de la mairie de Cuzco on peut en voir quelques-uns des plus beaux exemplaires). Quand ses fonctions prennent fin le varayoc n’exerce plus aucune charge dans sa communauté et se convertit en un vénérable ancien.

 

20 janvier – Cusco – Chiaraje – Bataille rituelle

La tradition de représenter des batailles rituelles pour maintenir la fertilité de la terre subsiste dans un coin reculé du département du Cuzco. Dans la pampa de Chiaraje (4700m d’altitude), province de Canas, où l’on arrive en partant de la ville impériale (Cuzco) par une route puis par un chemin carrossable, les pacifiques habitants des communes de Checcas, Langui et Layo se livrent une fois par an à un impressionnant affrontement. Munis de frondes en laine de mouton durcie, de fouets en cuir et revêtus de gilets ornés de fleurs, les jeunes guerriers se défient dans la brume ou sous les averses de grêle. Il s’agit d’un pucllay, jeu guerrier où les gagnants sont ceux qui occupent la plus grande étendue de terrain et obligent l’ennemi à reculer.

 

20 janvier – Trujillo – Festival de la Marinera – ou comment séduire avec un mouchoir

Festival de la Marinera (source: deperu.com)

Festival de la Marinera (source: deperu.com)

 

du 1er au 14 février – Puno – Vierge de la Candelaria, la foi dans la capitale folklorique d’Amérique

Pendant dix-huit jours la ville des hauts-plateaux, Puno, qui s’étend sur les rives du lac Titicaca (3870 m d’altitude) devient la capitale folklorique d’Amérique. Plus de 200 troupes de musiciens et de danseurs s’y rassemblent pour célébrer la fête de la Mamacha Candelaria. Pendant les 9 premiers jours les mayordomos (chargés de diriger les festivités) décorent l’église et assument les frais de messes, banquets et jeux pyrotechniques. Le jour central, le 2 février, la Vierge est conduite à travers la ville en une procession riche en couleurs ; derrière elle, et respectant une pointilleuse hiérarchie, défilent les curés, les enfants de choeur, les fidèles, chrétiens et païens. Vient le moment de la présentation des ensembles de musiciens et de danseurs qui parcourent toute la ville. La fête est en rapport avec les cycles agraires préhispaniques des semailles de et des récoltes, ainsi qu’avec l’activité minière de la région ; elle est le produit du mélange entre la respectueuse allégresse aymara et la gravité ancestrale quechua. La danse des diables, (diablada), constitue le principal cortège folklorique ; elle aurait été imaginée par des mineurs attrapés dans une galerie et qui, en proie au désespoir, se seraient recommandés à la Vierge de la Candelaria.

Les danseurs font leurs offrandes à la terre (pachamama) en jouant de la zampona (flûte de Pan), revêtus de déguisements très voyants et presque toujours masqués. Les masques les plus impressionnants, à cause de leur aspect terrifiant, sont ceux de cerfs avec leurs longues cornes tordues, associés au démon, et aussi le Jacancho ou dieu des minéraux. Dans le cacharpari, moment des adieux, les cortèges qui petit à petit remplissent les rues se dirigent finalement vers le cimetière pour rendre le culte aux morts.

Vierge de la Candelaria (source: virgencandelaria.com)

Vierge de la Candelaria (source: virgencandelaria.com)

 

 du 27 au 30 février – Quico (dép. de Cuzco) – Le marquage du bétail (Tinta de Vacas) – Distinguer son bien de celui d’autrui

L’acte central de cette fête, liée à l’image de l’apôtre Jacques, est le marquage du bétail. Seules les familles qui en possèdent la célèbrent et invitent les visiteurs à déguster de la viande de boeuf ou de lamas et à boire de la chicha. Le théâtre de cette fête est la communauté de Quico, située à 4800 mètres d’altitude. L’accès en est difficile depuis la route Urcos-Quince Mil (à dos de mule) mais gratifiant.

 

2éme quinzaine de février – 1er semaine de mars. – Dans l’ensemble du pays Carnavals – la fête de l’allégresse

Les carnavals péruviens sont marqués par le caractère festif des zones andines qui, cycliquement, rompent avec toute solennité. Au-delà des particularités régionales, une caractéristique commune à presque toutes les régions de la sierra est le rituel de la yunza, connue sous le nom de umisha dans la selva et de cortamonte sur la côte. Il consiste à planter artificiellement un arbre chargé de cadeaux et autour duquel on danse jusqu’à ce qu’il tombe sous les coups de machette ou de hache. Le couple assénant le coup qui fera tomber l’arbre sera lié et chargé de l’organisation de la yunza de l’année suivante. Jeter de l’eau aux gens qui passe est une coutume très répandue dans tout le pays ; il vaut donc mieux être sur ses gardes pendant toute la durée de la fête. Les villes de carnavals qui se distinguent par leur exubérance et le soin de leur organisation sont Cajamarca et Puno.

Carnaval au Pérou (source: voyagesincas.fr)

Carnaval au Pérou (source: voyagesincas.fr)

 

1er semaine de mars – Canete (département de Lima) – Festival des sports d’aventures de Lunahuanà

A seulement 30 minutes de San Vicente de Canete, ville située à 150 km au sud de Lima, la vallée chaude de Lunahuana est un paradis pour les sports d’aventure, grâce à l’abondance des eaux du fleuve Canete qui comporte des rapides allant jusqu’au niveau 4. S’y déroule un festival comprenant des championnats de canotage, parapente, trekking, vol libre, cyclisme de montagne, pêche au cordeau et au filet (atarraya).

Le séjour à Lunahuana est un excellent prétexte pour visiter le site archéologique proche de Incahuasi et le pont suspendu de Catapalla. La zone présente encore d’autres attraits tels que la dégustation de vins dans les caves avoisinantes et les plats exotiques préparés par les gens du cru, comme le lapin à la carapulcra (pommes de terre séchées) et le cochon d’Inde au vin.

 

2éme semaine de mars – Ica – Festival des vendanges – Le miracle du désert

Cette fête célèbre l’abondance du raisin et du vin dans la région d’Ica (à quatre heures de route au sud de Lima) où un travail persévérant a permis que la vigne couvre d’un manteau vert de grandes étendues de terrain gagnées sur le désert. Le festival des vendanges, très gai, comporte des foires, concours, défilés de chars allégoriques, festival de musique et fêtes où l’on danse le festejo afro péruvien.
L’un des principaux attraits est l’élection et le couronnement de la reine des vendanges qui, accompagnée de sa suite, exécute le ” foulage du raisin ” pour en extraire le jus qui se transformera en vin. Avec les délicieuses tejas – de noix de pécan ou de fruits confits farcies de confiture de lait et recouvertes d’un bain de sucre glace- les assistants pourront apprécier la saveur du Pisco, eau-de-vie de raisin née au Pérou il y a presque quatre siècles, qui séduit par son arôme sa saveur.

 

2éme quinzaine de mars – 1er semaine avril – Porcon (dép. de Cajamarca) Les Croix de Porcon – la symétrie de la foi

Entre les premières brumes de cinq heures du matin, une impressionnante procession d’immenses croix colorées faites de roseaux et de palmes traverse la vallée de Porcon pour célébrer l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. À la différence d’autres célébrations de Semaine Sainte, celle de ce joyeux hameau situé à une demi-heure de route de Cajamarca ne se concentre pas sur la mort de Jésus-Christ. Le jour central, Dimanche des Rameaux, ont lieu quatre cérémonies différentes : le couronnement des croix, le salut au Seigneur dans la maison du mayordomo (chargé de diriger les festivités), les divers répons chantés en quechua et en latin et finalement la procession à la chapelle de l’hacienda. Les croix sont ornées de miroirs ronds ou ovales qui représentent les âmes des défunts, ainsi que d’images de la vierge Marie, du Sacré-Coeur de Jésus et de divers saints patrons, placés symétriquement pour former un immense losange aux extrémités duquel sont suspendues des clochettes de métal pour annoncer l’arrivée à la communauté. Pendant l’imposante procession des croix, les anges vêtus de turquoise, de jaune et de rose avancent en conduisant la senorca, l’ânesse qui porte le Seigneur des Rameaux.

 

2éme quinzaine de mars – 1er semaine avril – Ayacucho – Semaine Sainte

C’est au cours de cette semaine que se concentre le plus fervent sentiment religieux de l’homme andin. Dans la capitale du département d’Ayacucho, San Cristobal de Huamanga, située dans la sierra centrale du pays à 2761 m d’altitude, l’une des plus intenses adaptations de la passion, mort et résurrection du Christ y est représentée. La semaine commence par entrée de Jésus dans la ville, monté sur un âne. Le mercredi, les images de la vierge Marie et de Saint-Jean parcourent les rues sur des tapis de fleurs, en de ferventes processions, jusqu’au moment de la rencontre avec l’anda (sorte de plate-forme portée à bras d’hommes) du Seigneur, qu’ils ” saluent ” sur la plaza de Armas. Dans la nuit du Vendredi Saint les lumières de la ville s’éteignent pour laisser passer le seigneur du Saint-Sépulcre ou Christ du Calvaire. L’image sort du monastère de Santa Clara pour parcourir la ville sur un lit de roses blanches, suivie de la Vierge Douloureuse et des files d’hommes et de femmes en strict deuil, portant des cierges allumés. La magnificence des andas envahies de bougies blanches offre un spectacle saisissant. Se déroule ensuite la vigilia (veillée) avec prières et chants, jusqu’au sermon des Trois heures du samedi. Après deux jours d’affliction le Dimanche de Résurrection devient une fête, le Christ ressuscité apparaît sur son anda qui le transporte à travers la ville.

Semaine Sainte à Ayacucho (source: vocesdeayacucho.com)

Semaine Sainte à Ayacucho (source: vocesdeayacucho.com)

 

2éme quinzaine de mars – 1ere semaine avril – Cuzco – Le Seigneur des Tremblements de Terre

(Senor de los Temblores)

Depuis 1650, date à laquelle, selon les fidèles, une peinture du Cristo de la Buena Muerte arrêta un violent séisme qui secouait la ville du Cuzco, les habitants rendent un culte à l’image du Taitacha Temblores. Cette célébration qui a lieu le Lundi Saint dans le cadre de la Semaine Sainte présente un intérêt spécial car elle permet d’apprécier clairement la fusion des religions andine et chrétienne. La cathédrale elle-même, qui abrite l’image, est construite sur la base de l’ancien temple dédié au dieu Apulla Tikse Wiracocha. L’image du Senor de los Temblores (Seigneur des Tremblements de terre) est conduite en procession à travers la ville, comme on le faisait autrefois avec les momies des chefs, prêtres et gouvernants incas. La fleur de nucchu (salvia esplendes) est un élément important de cette célébration ; dans les temps anciens elle faisait partie des offrandes aux dieux Kon et Wiracocha et de nos jours et elle est utilisée pour confectionner la couronne du Senor de los Temblores. Les pétales de cette fleur cramoisie sont lancés par les fidèles sur l’image vénérée, symbolisant le sang du Christ. L’image actuelle fut donnée par Charles V et en dépit des ans aucun pinceau ne s’est risqué à la retoucher. Le temps et surtout la fumée des bougies et des cierges l’ont noircie au point d’en faire un étrange Christ noir d’un sombre aspect.

Le Seigneur des Tremblements de Terre

Le Seigneur des Tremblements de Terre

 

du 15 au 20 avril – Pachacamac (département de Lima) – Festival du “Caballo de Paso Peruano” – la danse du cheval

Le cheval espagnol croisé avec l’arabe est élevé dans une région désertique qui a formé sa démarche et sa taille, a donné naissance au Caballo de Paso péruvien. Pendant 300 ans le sang de cette nouvelle race s’est purifié petit à petit jusqu’à développer les caractéristiques qui en ont fait l’un des plus beaux et des plus élégants exemplaires du monde. De leur côté les éleveurs, les chalanes (cavaliers) et les artisans qui ont su au cours des ans épurer l’art de l’amble – mouvements synchronisés des pattes antérieures et postérieures de façon parallèle – qui est également à l’origine des parts particuliers et de la grâce de la marinera.

Le superbe harnachement (jato, montura et guarnicion) fait partie de l’ensemble, ainsi que le costume du chalan (chemise et pantalon blancs, chapeau de paille, poncho en laine de vigogne, mouchoir noué autour du cou, bottes et éperons).

Cette tradition, qui s’est exportée dans diverses parties du monde, se voit alimentée par les différents concours qui se déroulent dans les villes tant de la côte que de la sierra, le plus important étant le Concours National du Caballo de Paso qui a lieu chaque année sur le terrain d’exhibition de Mamacona, dans la localité archéologique de Pachacamac située à une trentaine de kilomètres au sud de Lima.

 

1er mai – Chapi (département d’Arequipa) – Vierge de Chapi

Partant de la ville d’Arequipa et traversant le désert, un immense pèlerinage se déroule chaque année jusqu’au sanctuaire de Chapi pour y vénérer l’image de la Vierge de la Purification, connue maintenant sous le nom de Virgen de Chapi.

En 1790 le curé de Posci, Juan de Dios José Tamayo, essaya de transporter la petite statue dans un autre village mais il lui fut impossible de bouger car subitement elle devint excessivement lourde. Ce miracle se propagea dans toute la région et aujourd’hui les fidèles parcourent 45 km en 15 heures environ, marchant toute la nuit en s’appuyant sur de rustiques bâtons pour arriver jusqu’à cet endroit désertique situé à la 2420 m d’altitude.

Avant le premier arrêt les nombreux pèlerins s’approvisionnent en pierres de différentes tailles qu’ils laisseront à Tres Cruces, au bord du chemin, pour former ce qu’on appelle les apachetas symbolisant la fatigue et les péchés que les fidèles laissent derrière eux. Ils referont la même chose à Alto de Hornilla puis à Siete Toldos, à 15 km du sanctuaire, formant avec les cierges une infinité de lumières qui scintillent dans l’obscurité de la nuit. Le jour suivant, à Chapi, la Vierge sort en procession sur des tapis de fleurs. À côté du sanctuaire, la nuit venue, se déroule un spectacle de feux d’artifice au cours duquel divers plats traditionnels sont proposés.

La vierge de Chapi (source: pensatur.pe)

La vierge de Chapi (source: pensatur.pe)

 

le 3 mai – Acobamba – (département de Junin) – Le seigneur de Muruhuay

Abandonnés à leur sort par les autorités de la Vice royauté, les malades atteints de variole (muru : variole, huay : maison) furent secourus par l’image du Christ qui, selon la croyance, ” entra ” dans une immense dalle de pierre des pentes du mont Shalacoto (2 959 m) et s’y fixa. C’est à cet endroit, le situé dans le district de d’Acobamba à 12 km de Tarma, département de Junin, que se déroule l’un des plus importants pèlerinages du Pérou. Dans cette célébration survivent des rites préhispaniques et les éléments prédominants sont l’eau, la terre et la pierre. De nos jours les rituels d’adoration débutent la nuit antérieure avec un spectacle de feu d’artifice. Le jour central une messe en quechua est célébrée et ensuite les croyants déposent leur ” lettre à Dieux “. Plus tard les fidèles retournent à Tarma en une procession conduite par le mayordomo (qui dirige les festivités) et sa femme, suivre des troupes de danseurs où rivalisent caracollilos et negritos qui exécutent la contradanza, les abrecalle et les chutos. Après la procession a lieu un déjeuner où sont servis les plats traditionnels andins, comme le typique cuy frito con mani y habas (cochon d’Inde frit accompagné de cacahuètes et de fèves). Les jours suivants on danse dans les principales rues d’Acobamba la fameuse chonguinada, sur de merveilleux tapis de fleurs.

 

le 3 mai – Lima, Apurimac, Ayacucho, Junin, Ica, Cusco – Fête des Croix: croix catholiques, esprits andins

 

1er semaine de mai – Quipicanchis (département de Cuzco) – Le seigneur de Qoyllur Rit’i
Le plus grand pèlerinage amérindien d’Amérique

(Senor de Qoyllur Rit’i)

Les habitants du district d’Ocongate (Quispicanchis) célèbrent un rite qui a pour symbole extérieur l’image du Christ mais dont l’objet fondamental est l’intégration de l’homme à la nature. Le rituel, associé à la fertilité de la terre et à l’adoration des Apus (montagnes et en même temps dieux tutélaires), fait partie de la fête des peuples indiens la plus grande Amérique : le Qoyllur Rit’i. La cérémonie principale se déroule aux pieds du mont Ausangate, à 4700 mètres d’altitude et à une température en dessous de 0°. Le rituel consiste en un pèlerinage de bergers, commerçants et curieux qui se réunissent dans le sanctuaire de Sinakara. Selon la croyance, l’Enfant-Jésus déguisé en petit pâtre apparut à un enfant indigène, Marianito Mayta, et ils devinrent amis. Quand les parents de Marianito les trouvèrent revêtus de riches habits ils avertirent le curé de la paroisse, Pedro de Landa, qui essaya de les capturer mais sans succès car la place de l’Enfant-Jésus apparut une pierre. Marianito mourut au même instant et l’image du Seigneur de Qoyllur Rit’i se fixa sur la roche. Actuellement la fête commence le jour de la Sainte Trinité où plus de 10 000 pèlerins grimpent jusqu’à la limite des neiges éternelles. Ils sont accompagnés de danseurs (chauchas, qollas, pabluchas ou ukukus) qui symbolisent les divers personnages mythiques. Les ukukus (ours) sont les gardiens du Seigneur ainsi que des Apus et des apachetas (monticules de pierres déposées par les pèlerins en guise de péchés expiés) et se chargent de maintenir la discipline pendant les actes liturgiques. Un groupe de robustes Queros – habitants de ce qui pourrait être la plus pure communauté quechua du Pérou – déguisés en pabluchas, part en direction des sommets et du mont (6362 m), à la recherche de l’Etoile des Neiges qui est enfermée dans ses entrailles. Au moment de retourner dans leurs communautés d’origine, ces robustes indigènes chargent sur leurs épaules de grands blocs de glace pour arroser symboliquement leurs terres avec l’eau sacrée de l’Ausangate.

Le pèlerinage du Seigneur de Qoyllur Rit’i (source: pinterest.com)

Le pèlerinage du Seigneur de Qoyllur Rit’i (source: pinterest.com)

 

le 24 juin – Cuzco – Inti Raymi: la fête inca du soleil

Le solstice d’hiver de l’hémisphère sud et le temps des récoltes servent de prétexte à cette célébration qui rappelle la plus grande et la plus majestueuse cérémonie Pré Hispanique en hommage au Soleil. De nos jours l’ Inti Raymi évoque le splendide rituel inca à travers un scénario élaboré par des professeurs, archéologues et historiens du Cuzco. La représentation centrale a lieu sur l’esplanade de l’impressionnante forteresse de Sacsayhuaman, à 2 km de la ville du Cuzco, où il est facile de se rendre en voiture ou à pied. Là sont mise en scène pas à pas, en une longue cérémonie, la reconnaissance et la gratitude rituelles envers le dieu Soleil. L’Inca est conduit en anda depuis le Koricancha ou Temple du Soleil jusqu’au Huacaypata (place principale de la ville), où il exhorte les autorités à réaliser un bon gouvernement.

Les participants se rendre ensuite à Sacsayhuaman où aura lieu le sacrifice d’un lama blanc et d’un lama noir. Les viscères et la graisse des lamas sont remises à deux prêtres : les intestins son d’abord offerts au Callpa Ricuy pour qu’il fasse les prédictions de l’année, tandis que le Wupariruj prend la graisse d’où il tirera ses présages en observant la fumée. Les prédictions données sont interprétées par le Willac Umo, prêtre suprême, qui en fait part à l’Inca. Finalement, au coucher du soleil et l’Inca donne l’ordre de se retirer ; éclate alors un tumulte effréné qui durera plusieurs jours.

Inti Raymi (source: intirami.org)

Inti Raymi (source: intirami.org)

 

le 24 juin – Cuzco, Loreto, San Martin, Ucayali – Saint-Jean

Saint Jean-Baptiste revêt un caractère très symbolique très marqué dans la selva, en raison de la prépondérance de l’eau comme élément vital dans toute l’Amazonie. Cette date est donc considérée comme la fête la plus importante de tout l’Orient péruvien. Dans la ville d’Iquitos ont lieu divers festivals et actes publics : on y organise des fêtes animées par des groupes de musiciens typiques et on y prépare les plats de la région comme le tacacho (purée de bananes rôties) ou les fameux tamales de riz appelés juanes en l’honneur du saint. Au milieu de cette ambiance carnavalesque de bouleversement de l’ordre et de grande chaleur humaine le mythe populaire de la sensualité toute spéciale de cette région de Loreto s’est fortement développé. Il existe la croyance très répandue que les meilleurs aphrodisiaques sont préparés à Iquitos, à base de macérations de toutes sortes de fruits et d’herbes dans de l’eau de vie de canne à sucre, et que l’on désigne par des noms étranges et subjectifs. Le plus connu est sans aucun doute le chuchuhuasi, préparé avec une racine de la région. Dans la sierra la fête est également liée à la fertilité mais élément centrale en est le bétail, facilement associé à l’image de Saint-Jean en tant que pasteur des âmes. Ce jour-là les animaux sont comptés, marqués et, dans le cas des lamas, on leur adresse même des prières. Au Cuzco, où les paysans emmenaient leurs moutons richement parés pour qu’ils “écoutent ” la messe, la tradition s’est déplacée au 25, cédant la place à l’Inti Raymi.

 

le 29 juin – Chorrilos et Lurin (département de Lima), San José (département de Lambayeque),
Saints Pierre et Paul: Les saints des pêcheurs et des paysans

Dans les localités de la sierra a lieu une véritable fête de l’eau, en même temps que s’effectue la limpia (nettoyage) des canaux d’irrigation. Sur la côte, Saint-Pierre a été choisi comme patron des pêcheurs et son culte est célébré dans les petits ports de Chorillos et de Lurin (Lima) et dans celui de San José situé à 13 km au nord de Chiclayo. La cérémonie se déroule à l’embouchure du fleuve Lambayeque où selon la légende, débarqua le dieu fondateur Naylamp. Le Saint est conduit – au milieu des senteurs des brûle-parfums, des chants et des prières – jusqu’au bord de mer où il est embarqué pour une traversée dans le but de bénir les eaux pour une bonne année de pêche.

 

en juin – Cuzco – Corpus Christi

La fête de Corpus Christi (Fête-Dieu) est célébrée dans tout le pays depuis l’époque de la Colonie mais c’est au Cusco qu’elle atteint toute son intensité. Quinze saints et vierges de divers districts arrivent en procession à la cathédrale pour ” saluer ” le corps du Christ, c’est-à-dire l’hostie consacrée qui est conservée dans le fabuleux ostensoir en or massif pesant 26 kilos et mesurant un 1,20m de haut.

Soixante jours après le dimanche de Pâques, chaque église promène son Saint patron au rythme des sons de la Maria Angola, la plus grosse cloche du Pérou, façonnée au cours du XVIe siècle par le maître Diego Arias de la Cerda dans un alliage de cuivre et d’or.

La nuit précédente une veillée à lieu au cours de laquelle sont servis des plats typiques tels que le chiriuchu, cochon d’Inde au piment, accompagné de bière, de chicha et de pain de maïs. À peine la lumière du jour point-elle que commence le défilé, autour du Huacaypata (place principale), des cinq vierges parées d’un ensemble impressionnant de pierreries et de luxueux brocarts, ainsi que des Saint-Sébastien, Blaise, Joseph et de l’Apôtre Jacques sur son magnifique cheval blanc.

Les saints entrent ensuite dans la cathédrale pour le salut. La cérémonie terminée les représentants des diverses communautés et les autorités se réunissent sur la place principale pour discuter des problèmes locaux. Finalement les délégations retournent dans leurs églises d’origine accompagnées de cantiques et de chants.

Corpus Christi à Cusco (source: blog.costamar.com)

Corpus Christi à Cusco (source: blog.costamar.com)

 

2ème semaine de juillet – Paucartambo (département de Cuzco) – Vierge du Carmen de Paucartambo

A quatre heures du Cusco, dans la localité de Paucartambo, des milliers de croyants vénèrent la Virgen del Carmen, patronne des métis appelés localement Mamacha Carmen. La réunion qui marque le début de ces journées de fête a lieu sur la place principale où des groupes de musiciens jouent de leurs instruments, tandis que des choristes richement parés chantent en quechua, donnant le signal du départ à d’ingénieuses chorégraphies représentant des passages de l’histoire du Pérou. Des cortèges de différents déguisements (Doctorcitos, Waca, Sarjas) défileront en procession pendant cinq jours, accompagnant la Mamacha pendant toute la durée de son parcours sur la place, le parvis de l’église et les rues du village. Le jour central de la célébration la Vierge est conduite en procession pour bénir les assistants et éloigner les démons. Les danseurs exécutent sur les toits des maisons des figures acrobatiques et risquées, arborant des tenues à la mode incaïque ou coloniale. À la fin de la procession est déclenchée la guerre contre les démons d’où les fidèles sortiront triomphants. Finalement le cortège achève son trajet au cimetière pour rendre hommage aux ” âmes “.

 

les 28 et 29 juillet – Dans tout le pays – Fête nationale

Des fêtes et célébrations patriotiques ont lieu dans tout le pays pour commémorer la déclaration d’Indépendance du Pérou (28 juillet 1821), prononcée par le Libertador José de San Martin. À Lima comme dans toutes les villes du Pérou et jusque dans les villages les plus reculés, les maisons pavoisent dès les premiers jours du mois.

La nuit du 27 des groupes de musique folklorique et criolla se produisent sur les places et dans les parcs. Le lever du jour du 28 est salué par une salve de 21 coups de canon, préambule à la cérémonie du lever de drapeau.

Le jour suivant un Te Deum est célébré dans la cathédrale de Lima, auquel assiste le président de la république. Le 29 se déroule la fameuse Parade Militaire, en présence également du président.

Dans plusieurs villes de l’intérieur ont lieu des foires agricoles (Cajamarca, Piura, Monsefu), en même temps que trois fêtes qui caractérisent bien l’âme du criollismo: combats de coqs, courses de taureaux et exhibitions de caballos de paso.

 

du 26 au 30 juillet – Cotabambas (département d’Apurimac) – Yawar Fiesta: la lutte du taureau et du condor

Dans la localité de Ccollurqui, province de Cotabambas, Apurimac, à huit heures de la ville d’Abancay par une route difficile, les Fiestas Patrias sont célébrées par une course de taureaux dont les caractéristiques symboliques en font un véritable rituel. Les protagonistes sont un taureau et un condor qui représentent respectivement l’espagnol et l’andin. Une fois capturé, le condor est attaché sur le dos du taureau auquel il donne de furieux coups de bec pour essayer de s’en échapper. À son tour le taureau est excité par des espontaneos qui se lance dans l’arène et réalisent une faena avec leurs propres ponchos. Le taureau fait des sauts désespérés pour tâcher de se libérer et quand finalement il est vaincu – en général il l’est – on libère le condor au milieu de la musique de la fête. Si le condor est grièvement blessé, ou pire encore s’il meurt, c’est un signe de malheur pour le village. Pendant la nuit ont lieu des défilés de danseurs, des feux d’artifice et des cortèges de torches.

 

le 30 août – Lima et Quives (département de Lima), Ocopa (département de Junin) et Arequipa – Santa Rosa de Lima

Santa Rosa de Lima et le nom sous lequel est entrée dans l’éternité une liménienne du XVIIe siècle. Une grande vocation religieuse poussa Isabel Flores de Oliva à prendre l’habit de tertiaire (célibataire consacrée sans ordre religieux particulier) et à mener une vie pieuse au service des malades. La rigueur de ses pénitences pour résister au péché ainsi que sa bonté la rendirent célèbre, même de son vivant. Son culte s’est propagé non seulement au Pérou mais aussi aux Philippines et dans d’autres parties du continent, raison pour laquelle elle fut proclamée Patronne des Amériques et des Philippines. Son sanctuaire, situé dans le centre de Lima, est un lieu permanent de pèlerinage où les fidèles se rendent dans l’espoir d’être favorisés par un miracle, spécialement en rapport avec la santé des malades. Le 30 août la coutume est d’aller jeter une lettre de souhaits dans le puits ou Santa Rosa laissa tomber la clé de son cilice et de visiter l’Ermitage qu’elle-même construisit. Santa Rosa et la patronne de la police nationale du Pérou et sa fête célébrée dans tout le pays, mais c’est dans la localité de Santa Rosa de Quives, dans la sierra du département de Lima, qu’elle revêt un caractère quechua tout spécial.

 

du 6 au 10 septembre – Andahuaylas (département d’Apurimac) – Vierge de Cocharcas: la Vierge voyageuse

La Vierge de Cocharcas est une réplique qu’un fidèle, Sebastian Quiminchi, natif de San Pedro de Cocharcas, fit tailler en 1598 en remerciement pour les miracles accordés par la vierge de Copacabana, en Bolivie. La célébration de cette fête est à la charge de ses fidèles quimichos (nom dérivé de Quiminchi) qui conduisent la Vierge en procession à travers les rues de Cocharcas. Il existe d’autres répliques de la même image qui sont emmenées en pèlerinage dans plusieurs villes hors du département d’Apurimac. Ces déplacements vers les villes du Cusco et de Huamanga (Ayacucho) – qui lui ont valu le surnom de Vierge Voyageuse – se réalisent au milieu des chants, de la musique et des prières, une fois les récoltes faites. La vierge est associée aux pluies et à la fertilité de la terre.

 

dernière semaine de septembre – Trujillo – Festival international du printemps

La fête du printemps est célébrée dans tout le pays et dans les régions de la selva elle est particulièrement riche en couleurs, mais c’est celle de Trujillo, capitale du département de La Libertad, qui revêt la plus grande splendeur. La danse plus caractéristique de cette fête et la marinera nortena qui est toujours exécutée en couple, en agitant de la main droite un mouchoir pour marquer la cadence. Des tournois de ses multiples variantes se déroulent pendant plusieurs jours. Pendant la semaine que dure la fête les rues et les maisons sont décorées, il y a des défilés de chars allégoriques et des bandes de collégiens dansent dans les rues avec à leur tête la Reine du Printemps, toujours flanquée de majorettes venues de diverses parties du monde pour montrer leur spectaculaire adresse.

 

le 4 octobre – Lima, Ancash, Apurimac, Arequipa et Cuzco – Vierge du Rosario: une bataille entre Maures et Chretiens

La Vierge du Rosaire est la patronne de l’ordre des dominicains qui eurent à leur charge la confrérie des esclaves à l’époque coloniale, raison pour laquelle son image est souvent accompagnée d’une icône avec la lettre S fixée par un clou (symbole des esclaves noirs).

Son culte, qui remonte à 1536, est célébré dans tout le Pérou. Le premier dimanche d’octobre, à Cajatambo (sierra de Lima), a lieu une foire agricole accompagnée de courses de taureaux, le concours de marinera et d’une procession avec Los Diablos comme principal cortège.

Dans les districts d’Urcos, dans la province de Quispicanchis, ainsi qu’à Combate et Checaupe, province de Canchis, tous deux du département du Cusco, cette fête est célébrée avec processions, foire taurines et copieuses pachamancas, aliments préparés ” dans la terre “, c’est-à-dire dans des fosses peu profondes recouvertes de pierres brûlantes.

Mais le centre le plus important des célébrations de la Virgen del Rosario et qui attire le plus de participants est le département d’Ancash. Les festivités se réalisent en présence des pallas, jeunes filles revêtues d’une tunique à larges manches et portant de hautes couronnes de fleurs sur la tête, ainsi que les fameux negritos, danseurs masqués de laine noire qui animent la commémoration.

C’est au cours de cette fête qu’on peut assister à un affrontement symbolique entre Maures, des paysans en costumes andins et Chrétiens en costumes espagnols du temps de la Colonie. La lutte prend fin quand les rois Maures, après avoir été vaincus et faits prisonniers, se présentent et demandent leur conversion au christianisme. En fin d’après-midi commence la procession de la Vierge qui retourne dans son église accompagnée de groupes de musiciens.

 

2e semaine d’octobre – Ayabaca (département de Piura) Le seigneur Captif d’Ayabaca

Des milliers de croyants de diverses zones du nord du Pérou et même d’Equateur se rendent en pèlerinage jusqu’à Ayabaca, agglomération située à 211 km au nord-ouest de Piura. Le jour central de la fête à lieu une procession de l’image du Christ Prisonnier à travers les rues du village préalablement recouvertes de tapis de fleurs. Avant la d’Aypate Conquête, au même endroit, ont portait des offrandes (pagos) aux centres de culte d’Aypate et La Huaca. Les fidèles ont une grande dévotion pour les miracles accomplis par l’image de la Vierge, spécialement concernant la guérison des malades. Son origine remonte à 1751, quand un prêtre d’origine espagnole fit tailler cette image caractérisée par son expressivité très déconcertante, à la fois douce et énigmatique, véritable consommatrice des affligés.

 

du 18 au 28 octobre – Lima – Le seigneur des Miracles
Nota : la plus grande procession d’Amérique du Sud.

Senor de los Milagros

L’origine de cette procession – qui rassemble le plus grand nombre de fidèles d’Amérique du Sud – remonte à la Colonie, quand un esclave amené d’Angola dessina l’image d’un Christ noir sur les murs d’une humble maison de Pachacamilla, près de Lima. L’image resta sur le mur bien qu’à plusieurs reprises on ait tenté de l’effacer, origine de la dévotion dont elle fait l’objet. Au cours du tremblement de terre de 1746 toutes les constructions voisines furent détruites, excepté le mur du Christ noir. La foi populaire se consolida à la suite de cet événement, foi qui n’a cessé de grandir au point que ce Christ est actuellement l’image la plus vénérée de Lima. Le centre de la célébration est l’une des plus grandes processions d’Amérique, où des dizaines de milliers de fidèles revêtus de l’habit violet chantent et prient en accompagnant l’image. La plate-forme sur laquelle elle repose (anda) pèse deux tonnes et ce sont les fidèles qui la portent sur leurs épaules. Le parcours traditionnel dure presque 24 heures et débute à l’église de Las Nazarenas, traversant ensuite la zone du centre de Lima pour arriver à l’église de la Merced de Barrios Altos. À cette époque abondent les vendeurs proposant une grande variété de plats et de friandises typiques, comme le réputé Turron de Dona Pepa. En octobre, en commémoration du Senor de los Milagros, a lieu également la très célèbre saison taurine du même nom dans les arènes de la Plaza de Acho, où se présentent les plus prestigieux toreros d’Espagne et d’Amérique.

Le seigneur des Miracles à Lima (source: peroutours.com)

Le seigneur des Miracles à Lima (source: peroutours.com)

 

la 3ème semaine d’octobre – Ica – Le seigneur de Luren: le Christ du désert

(Senor de Luren)

L’origine de la dévotion au Seigneur Crucifié de Luren, patron de la ville d’Ica (300 km au sud de Lima) remonte à l’année 1570 lorsque cette image s’égara mystérieusement dans le désert pendant le trajet de Lima à Ica, pour réapparaître dans un endroit désolé appelé Luren. Quelque temps plus tard, Nicolas de Ribera le Vieux, premier maire de Lima, fit construire à cet endroit un petit temple et un hôpital pour les Indiens. Actuellement, un sanctuaire moderne de style romantique abrite l’image en bois du Christ agonisant ainsi que celles de la Vierge Marie et de Marie-Madeleine. Le dimanche, jour central de la fête, l’image parcourt la ville en procession depuis la tombée de la nuit jusqu’à l’aube du jour suivant.

 

le 1er et le 2 novembre – Dans tout le pays – Toussaint et jour des morts

Ces jours-là, consacrés à la mémoire des défunts, les gens ont l’habitude d’assister à la messe et de se rendre au cimetière avec des fleurs dans les localités de la côte et de la nourriture dans celle de la sierra, qu’ils partageront symboliquement avec les âmes du purgatoire. Le culte des morts fut une pratique très répandue dans l’Antiquité préhispanique et une partie de cette tradition, combinée avec des éléments chrétiens, se maintient encore de nos jours. Dans la localité de La Arena (Piura) les habitants se rendent sur la place principale en emmenant leurs enfants revêtus de leurs meilleurs habits. S’y rendent également les membres des familles qui ont perdu un enfant ou un neveu en bas âge et quand ils rencontrent un enfant ressemblant au défunt lui offre des petits pains, des friandises traditionnelles telles que le camotillo (à base de patate douce) ou la cocada (à la noix de coco), dans de petits sachets finement décorés qu’ils appellent angelitos (petits anges). La nuit venue les familles font une veillée dans le cimetière qui pour cette occasion est illuminé avec des bougies jusqu’au lever du jour. Dans les régions d’Arequipa et de Junin les petits sachets d’Angelitos sont remplacés par des pains en forme de bébés (t’anta wawas).

 

les 24 et 25 décembre – Dans tout le pays – Noël Andin

Le contexte rural qui accompagne la venue de l’Enfant-Jésus a déterminé une identification immédiate avec la festivité, soulignée par la créativité artisanale, le sens esthétique et la dévotion religieuse des populations andines. C’est ainsi que les Noels andins ont acquis des traits particuliers grâce à l’intégration des éléments propres à chaque région. Ces éléments sont caractérisés par le soin extrême apporté à la décoration des crèches que l’on installe dans les églises et les maisons, à l’exécution des danses aux représentations théâtrales à la confection des plats typiques et à toute une gamme de créations artisanales comme la taille de crèches en pierre de Huamanga ou les retables sur le thème de Noël, la céramique ou les calebasses gravées au burin sur le même thème. Dans la plupart des localités andines cette fête se prolonge jusqu’au jour des Rois (6 janvier) où l’on offre des cadeaux traditionnels.

 

le 24 décembre – Cuzco – Foire de Santuranticuy

Son origine remonte à l’époque de la Vice-royauté et c’est actuellement l’une des plus grandes foires artisanales du Pérou. Elle a lieu sur la place principale (Plaza Mayor) du Cusco où les artistes étendent leurs couvertures à même le sol, suivant la coutume des traditionnelles foires andines. Santuranticuy, qui signifie ” vente de saints “, est un marché provisoire où les fabricants d’images et les artisans offrent les santons les plus variés pour égayer les fêtes de Noël et accompagner les crèches nacimientos qui sont installés dans les maisons et les paroisses. Sont proposés également divers articles en terre cuite apportés de Pucara et de Quinua. Sur cette place on peut trouver toutes sortes d’objets artisanaux, figurines en bois taillé, céramiques, retables. La nuit est particulièrement propice à la vente des traditionnels ponchos pour se garantir du froid.

La foire de Santuranticuy (source: incatrail-peru.com)

La foire de Santuranticuy (source: incatrail-peru.com)

 

le 27 décembre – A El Guayabo et El Carmen (départements de Chincha et Ica) – Vierge du Carmen

La Virgen del Carmen est l’image de plus vénérée du Pérou après celle du Senor de los Milagros. Son culte remonte à l’époque de la Colonie quand arrivèrent les frères de l’ordre du Carmel. Dans diverses localités de la région d’Ica, El Carmel et El Guayabo ainsi qu’à Chincha (200 km au sud de Lima) où réside la plus forte concentration de population afro péruvienne, on lui rend un culte spécial en fin d’année avec la particularité que là elle y est appelée Peoncita (petite péone) pour son lien avec les adolescents qui exécutent la danse des negritos et des pallitas pour fêter la Vierge.