Le rendez-vous est fixé à 8h45 pour le départ en mini-bus pour le camp de base, situé à 4’800m d’altitude. Nous faisons connaissance avec le reste du groupe ainsi que les guides. Nous serons 5 : Julie, une belge, Féloé et Pierre, français, Alex, un allemand et moi. Nos guides sont Raquel, Victor et Ivan. Pour l’ascension du Huayna Potosi, on compte en général un guide pour deux personnes.

Une fois le mini-bus chargé, nous nous mettons tranquillement en route et quittons le bouillonnant centre de La Paz. Le camp de base se situe à environ deux heures de route. Nous nous arrêtons en chemin dans un petit magasin de El Alto pour acheter du chocolat (très important pour l’ascension selon les guides) et des piles de rechange pour les lampes frontales. Vers 11h30, nous atteignons le refuge où un bon repas nous attend.

Le Huyana Potosi

Le Huyana Potosi

Arrivée au camp de base

Arrivée au camp de base

Refuge du camp de base

Refuge du camp de base

Camp de base

Camp de base

Ce premier jour est dédié à l’apprentissage de l’utilisation des crampons et du piolet sur la glace. Nous mettons donc tout notre équipement et nous dirigeons vers le glacier, situé à environ 45 minutes de là. Nous apprenons diverses techniques que nous utiliserons pour l’ascension de dimanche. Après deux bonnes heures de pratiques, nous nous essayons à grimper un mur de glace. Cette partie c’est « juste pour le plaisir », nous ne devrons pas escalader de mur de glace pour arriver au sommet du Huayna Potosi mais c’est l’occasion d’essayer.

Premier jour: entraînement sur le glacier

Premier jour: entraînement sur le glacier

Grimpe sur un mur de glace

Grimpe sur un mur de glace

Grimpe sur un mur de glace

“Just for fun” !

Nous retournons au refuge en fin d’après-midi et des popcorns tout chauds ainsi qu’un bon thé nous attendent. Nous passons la soirée à discuter et échanger sur nos différents voyages, certains jouent aux échecs. Nous nous couchons tranquillement dans le grand dortoir au premier étage du refuge. Cette première journée était très agréable, nous avons fait connaissance avec l’équipe et tout le monde est très sympa. C’est également important pour des débutants comme nous d’apprendre à utiliser le matériel technique pour être à l’aise le jour de l’ascension.

Popcorn, après l'effort - le réconfort !

Popcorn, après l’effort – le réconfort !

Le lendemain le réveil est fixé à 8h. Après un bon petit-déjeuner nous remplissons nos sacs de 50L avec tout le matériel : chaussures spéciales pour la montagne, habits chauds, casque, crampons, piolet,… Le tout pèse environ 12 à 15 kg. La matinée est laissée libre, avec Pierre nous marchons jusqu’au lac situé en contre-bas du camp de base avant de rentrer pour le repas de midi. Vers 12h30 nous chargeons nos sacs sur notre dos et en avant ! Nous mettons environ 2h30 pour atteindre le camp d’altitude situé à 5’130m, au pied du glacier. C’est une partie difficile, le chemin est pentu et le sac est lourd !

Balade le matin du deuxième jour

Balade le matin du deuxième jour

Montée au camp d'altitude

Montée au camp d’altitude

Le refuge du camp d'altitude

Le refuge du camp d’altitude

Comme d’habitude, à notre arrivée nous attendent un bon thé chaud et des petits biscuits. La fin de journée est dédiée à préparer nos affaires pour l’ascension du lendemain et au repos. Á 17h nous prenons le souper et au lit ! Plus que quelques heures avant le grand jour…

Un bon thé à l'arrivée au camp d'altitude

Un bon thé à l’arrivée au camp d’altitude

Le glacier en dessus du camp d'altitude

Le glacier en dessus du camp d’altitude

Minuit, le réveil sonne. La nuit a été courte, le sommeil est difficile à trouver à plus de 5’000m pour certains ! Moi j’ai dormi comme un bébé 🙂 Le petit-déjeuner est déjà servi. Avoir faim est altitude est un bon signe, ça tombe bien, j’ai faim chaque deux heures ! Je mange donc avec plaisir le gâteau au chocolat proposé. Pour d’autres c’est un peu plus compliqué, un petit mal de tête se fait sentir est l’appétit n’est pas vraiment de la partie. Mais il faut prendre des forces !

Prête au départ, avec tout l'équipement !

Prête au départ, avec tout l’équipement !

A 1h30 tout le monde est prêt. Nous avons mis toutes nos couches, le vent souffle fort et il fait frisquet ! Pour atteindre le glacier, il faut d’abord grimper un petit rocher. La lumière des lampes frontales est bienvenue, même si la nuit est très claire. Nous atteignons le glacier. Crampons aux pieds, piolet en main, c’est parti !!! Il y a beaucoup de monde en chemin pour le sommet, l’ambiance est au beau fixe et la motivation au top. Nous sommes en cordée de 3 personnes : Victor le guide, Pierre et moi. Nous nous arrêtons une première fois à 5’450m. Pour atteindre la moitié de l’ascension, les guides décident de prendre un chemin alternatif car il y a beaucoup de monde sur le chemin ordinaire. C’est lors de cette partie que nous prenons conscience de l’importance de l’entraînement du premier jour ! Le piolet et vraiment utile pour grimper une « paroi » inclinée à environ 50°. Surtout avec 1000m de vide en dessous de nous ! Après avoir passé cette partie difficile nous sommes à la moitié. La pause est bienvenue, un morceau de chocolat aussi ! A cet endroit, notre groupe se sépare, avec Victor et Pierre nous partons devant, le reste de l’équipe prend un peu plus de temps et Alex n’est pas très en forme.

Nous atteignons 5’800m. Jusque-là, pour moi, pas de problème. Mais c’est à partir de cette altitude que je commence à ressentir une grosse fatigue. Je pourrais fermer les yeux et m’endormir. Mais hop hop hop, plus que 288m pour le sommet ! Le soleil pointe le bout de son nez lorsque nous atteignons 5’900m. Un peu de chaleur n’est pas de refus pour réchauffer nos orteils et doigts congelés ! La dernière partie est la plus dure. La fatigue est bien là, le vide du côté gauche aussi… Heureusement Victor est là pour me rassurer et me remotiver.

Levé du soleil à 5'900m

Levé du soleil à 5’900m

Magnifique panorama au levé du soleil

Magnifique panorama au levé du soleil

Nous atteignons le sommet !!! Difficile de retenir mes larmes de joie lorsque nous nous félicitions. On a réussi ! La vue depuis le sommet du Huayna Potosi, 6’088m, est impressionnante. On voit même le lac Titicaca ! Et quel panorama ! On voit également le mont Sajama, 6’542m, le plus haut de Bolivie. Le reste du groupe arrive également au sommet. C’est un 100% de réussite ! Quelle joie !

Le sommet du Huayna Potosi

Le sommet du Huayna Potosi

On a réussi ! 6'088m !

On a réussi ! 6’088m !

Vue sur La Paz depuis le sommet

Vue sur La Paz depuis le sommet

Vue depuis le sommet

Vue depuis le sommet

Vue depuis le sommet sur le mont Tiquimani

Vue depuis le sommet sur le mont Tiquimani

CONTENTE !!!!!!

CONTENTE !!!!!!

Après avoir profité de prendre des photos et de nous reposer, nous attaquons la descente. Ce n’est pas une mince affaire ! Il faut faire attention de ne pas se prendre les pieds dans les crampons et de ne pas glisser. Mais le fait d’avoir atteint le sommet nous donne une motivation nouvelle et il semblerait que la fatigue a disparu… et le soleil, ça aide ! Nous découvrons avec enchantement le cadre dans lequel nous sommes montés à la lueur de nos lampes frontales. On s’en met pleins les yeux !

Le vent recommence à se lever, drôlement fort. Il y a beaucoup de monde en train de descendre la paroi compliquée, et attendre avec ce vent, de la glace qui gicle au visage, pas le top… Les guides décident donc une fois encore de prendre une alternative et nous descendons en rappel une cinquantaine de mètre, avec une crevasse au bout… jolie frayeur ! Mais les guides sont très compétents et ils savent ce qu’ils font.

Nous atteignons le camp d’altitude vers 10h et sommes ravis de prendre une bonne soupe chaude. Il nous faut refaire nos sacs et vers 11h30 nous redescendons avec tout notre matériel jusqu’au camp de base où un minibus nous attends pour nous ramener à La Paz.

Redescente jusqu'au camp de base

Redescente jusqu’au camp de base

Quelle aventure ! Lorsque nous arrivons à La Paz, dur de penser que quelques heures plus tôt nous étions à plus de 6’000m en train de regarder la ville se réveiller gentiment. L’ascension du Huayna Potosi est considérée comme le 6’000 le plus facile au monde. Facile n’est peut-être pas le mot, je dirais plutôt « accessible ». La clé de la réussite est surtout l’acclimatation à l’altitude. Sans ça, même avec une excellente condition physique et l’habitude de la montagne, difficile d’atteindre le sommet. Il faut également un bon mental, et de la motivation ! Je pense que l’expression « si tu veux, tu peux » est un bon moyen de décrire cette ascension.

Un 100% de réussite !

Un 100% de réussite !

Alors, ça vous tente ?